Cette année, en Suisse, près de 77.000 adolescents ont choisi la voie de l’apprentissage. Pour eux, la trêve estivale a marqué le passage de l’école à la vie professionnelle. Une transition qui s’apparente à un saut dans l’inconnu: de nouvelles exigences, de nouvelles responsabilités, mais aussi un monde du travail en profonde mutation.
Les jeunes apprentis ont-ils les compétences de base adéquates pour relever ces défis? La question se pose d’autant plus que, depuis 2012, des évaluations nationales et internationales des acquis scolaires font état d’un recul des compétences fondamentales en lecture, en écriture et en mathématiques. Ainsi, une étude de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique de mai 2025 montre que seuls 41% des élèves romands atteignent les compétences fondamentales en orthographe.
L’Union patronale suisse, Economiesuisse et l’Union suisse des arts et métiers ont mené leur propre enquête auprès de quelque 2900 entreprises formatrices aux quatre coins de la Suisse. Le résultat est alarmant: une majorité d’entre elles observent d’importantes lacunes en écriture et en mathématiques de leurs apprentis. En parallèle, des insuffisances dans les compétences comportementales, telles que l’autonomie ou l’organisation personnelle ont été relevées.
Ces manquements ne sont pas anodins pour les entreprises, car ils compliquent le processus de recrutement, alourdissent le travail des formateurs et augmentent les coûts de formation. Pire encore, la volonté de former en pâtit: un cinquième des entreprises interrogées se disent prêtes à former moins d’apprenants ou à ne plus vouloir en former du tout.
Une formation de qualité
Un tel changement risque de compromettre la réussite de notre système de formation professionnelle, qui repose grandement sur des employeurs qui s’investissent dans l’encadrement et le suivi des jeunes en formation, avec le souci de leur offrir une formation de qualité.
Pour combler la baisse du niveau scolaire de leurs apprentis, trois quarts des employeurs ont déjà engagé des moyens supplémentaires. Mais est-ce vraiment leur rôle? Soyons clairs: les entreprises ne doivent pas se substituer à l’école qui détient la responsabilité première de transmettre des compétences de base.
A la lumière de leur enquête, les trois faîtières de l’économie mettent en avant la nécessité de renforcer les compétences fondamentales des jeunes élèves: lire, écrire et compter. Elles recommandent aussi de mettre en place un monitoring de l’éducation, qui doit permettre de mieux cerner les causes de la baisse du niveau de scolarité et d’apporter des améliorations ciblées.
L’enjeu dépasse le cadre du niveau de compétence des nouveaux apprentis; il y va de l’avenir de la formation professionnelle duale et, par ricochet, de la compétitivité de nos entreprises.
Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».
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